Blog

Partager cet article

Facebook Twitter LinkedIn Email

Ferme biologique de la Cavalerie : véritablement le ❤️ de la Bretagne !

Fabienne Gicquel est exploitante de la ferme biologique de la Cavalerie à Saint-Gonnery, entre Pontivy et Loudéac sur la frontière entre la Morbihan et les Côtes d’Armor : véritablement le cœur de la Bretagne !

Bonjour Fabienne Gicquel. Avec votre mari, Rémy, vous exploitez la ferme biologique de la Cavalerie. Racontez-nous quelles sont les particularités de votre exploitation ?

A l’origine, en 1995, Rémy a acheté pour s’installer comme éleveur laitier. En 2000 j’ai commencé l’accueil à la ferme avec un premier gîte (depuis, il y a trois gîtes). Nous avons produit du lait pendant plus de 20 ans (bio depuis 2010), avec une cinquantaine de vaches que nous nourrissions nous-même en cultivant sur place les céréales et oléagineux pour leur alimentation.

Mais en 2019, nous avons voulu passer à autre chose et arrêter l’élevage laitier. Pourquoi ? par sentiment d’avoir un peu “fait le tour” du métier et par envie, à la cinquantaine, de se renouveler professionnellement ; mais surtout parce que … ça va peut-être vous faire sourire, mais l’attachement à nos bêtes rendait la charge mentale trop forte ! On a gardé nos vaches longtemps, souvent plus de 10 ans pour certaines, on s’attache, et quand vous êtes en bio les soins sont contraignants et parfois moins efficaces…ça devenait vraiment trop lourd. On a mis plus d’un an mais chaque animal a été accueilli par différents éleveurs et aucun n’est allé à l’abattoir !

79522347 2539316436117123 5227703535491088384 n
Image1dd

De la terre à l’assiette : produire pour nourrir les Hommes – Crédit photo : Fabienne Gicquel

Donc, aujourd’hui que cultivez-vous et que produisez-vous ? J’ai vu qu’en plus des gîtes vous avez aussi un magasin ?

Depuis 2019, avec l’arrêt de l’élevage laitier, nous avons fait le choix de revenir aux fondamentaux de notre métier : c’est-à-dire cultiver pour nourrir les Hommes ! Nous avons planté entre 13 et 17 cultures différentes (céréales, protéagineux, oléagineux et autres) et nous assurons l’ensemble des étapes du processus de production : semer, récolter, sécher, trier et transformer (presser l’huile ou moudre la farine) ; jusqu’à la mise en bouteille ou en sac ! On propose des huiles de colza, de tournesol, de chanvre et de cameline ; des farines de blé, de sarrasin, de petit épeautre, d’épeautre et de seigle… mais aussi des graines et des légumes secs comme les lentilles, les pois cassés et le sarrasin décortiqué ou encore du miel, des confitures…

Et puis on teste en permanence de nouvelles cultures, on a essayé le pois chiche ou le millet, qui, a priori, ne sont pas compatibles avec le climat breton. Nos produits sont distribués dans de nombreux points de vente locaux (type magasins bios), commandés directement par des artisans locaux ou achetés par des particuliers, de passage à la ferme ou dans les gîtes, qui visitent notre petit magasin.

Le magasin propose des produits de notre exploitation et aussi ceux de nos voisins, il est ouvert le lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi (en passant un coup de fil au 0633692781 pour prévenir de votre passage vous serez sûrs de trouver la porte ouverte !) ; il est possible de commander en ligne sur la cavale gourmande ou sur colibio.

Et vous parvenez à faire tout cela uniquement à vous deux ? Comment vous organisez-vous ? C’est votre deuxième année de récolte, cela se passe-t-il bien ? Vos vaches ne vous manquent-elles pas trop ?

Pour ce qui est des vaches non, la page est bien tournée et nous apprécions maintenant de pouvoir prendre quelques jours de vacances sans nous faire de soucis pour elles ! Le choix d’avoir une production très diversifiée nous permet d’étaler dans le temps à la fois les semis, les récoltes et la production. La première récolte par exemple est celle du colza début juillet et cela s’étale tout l’été jusqu’à la récolte du sarrasin en octobre.

C’est pareil pour la production : le pressoir à huile et le moulin à farine tournent toute l’année. Les récoltes sont stockées et en produisant à la demande on évite le gaspillage en ne dégradant pas les produits. En développant sur la ferme des cycles complets de production nous retrouvons le sens de notre métier : c’est réellement de la nature à l’assiette.

De plus, la polyculture préserve l’avenir et la qualité des sols, l’entretien des haies bocagères maintient la biodiversité (nous avons planté plus de 6500 arbres !), le respect des bandes herbeuses le long des cours d’eau réduit le ruissellement… avec les arbres fruitiers et les ruches nous cherchons à entretenir une interdépendance fructueuse et vertueuse. Il y a aussi la gestion des gîtes, cela demande une véritable organisation mais il faut reconnaître aussi que diversifier la production permet de réduire l’impact d’une récolte loupée. Parce qu’en bio quand c’est loupé c’est la totale !   

Image6 1
3 gîtes et une chambre d’hôtes sont disponibles : le tourisme vert a la cote ! Crédit photo : Fabienne Gicquel

Les gîtes sont-ils ouverts toute l’année, quel type de visiteurs avez-vous ? Peut-on visiter votre ferme ?

Il y a trois gîtes de disponibles ainsi qu’une chambre d’hôtes pour une famille à la ferme. C’est ouvert toute l’année ; comme nous sommes tout près des chemins de randonnés et des véloroutes V6 et V8, d’une étape du chemin de Compostelle, il y a beaucoup de passage de randonneurs. Pendant les vacances scolaires des personnes viennent pour le plaisir d’être au calme et dans la verdure, l’été les familles sont parfois plus en mode touristique : visites et sport.

Nous leur proposons toujours de découvrir la ferme et notre activité, accompagnés par l’un de nous deux. C’est mieux d’être en petit groupe pour pouvoir poser des questions, comprendre, expliquer… Nous accueillons tous ceux qui sont intéressés : il suffit de m’appeler ou de laisser un message vous êtes bienvenus !

Nous accueillons régulièrement aussi des visites de scolaires qui sont en lycée agricole, c’est important pour nous de transmettre notre goût du métier et nos valeurs pour l’avenir. Un de nos fils serait partant pour reprendre la ferme mais il a seulement un peu plus de 20 ans et il faut qu’il voit du pays et voyage à l’étranger pour bien se préparer, apprendre et se motiver pour choisir ce métier !

Image7 1
Crédit photo : Fabienne Gicquel

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ? Quel message voulez-vous transmettre ?

Nous sommes ravis de cette harmonie dans notre quotidien entre notre passion pour notre travail, l’accueil, les rencontres et le sens que nous y donnons : produire pour nourrir. Proposer des produits locaux produits de façon durable c’est faire du bien à la santé de tous mais aussi aux paysages, à la nature, maintenant et dans l’avenir

Contribuer à l’économie circulaire locale est essentiel pour nous cela donne du sens à notre métier de paysan. Je dis souvent aux visiteurs “achetez des produits locaux, s’ils sont bio c’est encore mieux, mais le principal c’est le local : quand vous payez le paysan qui vit près de chez vous il ira par exemple offrir un cours de danse à sa fille dans votre village et l’argent conservera sa valeur localement”. C’est ça l’économie circulaire locale, agriculteurs comme consommateurs nous avons le pouvoir de choisir notre avenir : la balle est dans notre camp !


caval 1

Ferme bio de la Cavalerie
Saint-Gonnery, Morbihan
Fiche producteur • Site internet



Nos derniers articles de Blog

Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir des informations sur le bien manger au plus proche de chez vous :